Ce printemps, pour aider les pollinisateurs et la gestion locale des eaux pluviales, l’ABVP encourage les communautés du bassin versant à participer à la campagne « Pas de Tondeuse en Mai » dans tout le bassin versant de la rivière Petitcodiac. De nombreux groupes de conservation à travers le monde ont fait la promotion et encouragé les communautés à adopter une approche pas de tonte ou moins de tonte des pelouses et des fossés afin d’aider nos populations de pollinisateurs au cours du mois de mai qui est une période critique de l’année. Les campagnes « Pas de Tondeuse en Mai » sont menées par le biais de l’éducation et de la sensibilisation, afin d’associer les avantages pour la société aux avantages pour la nature. Les plantes à fleurs au printemps peuvent fleurir et fournir une source précoce de nectar pour les pollinisateurs, tels que les abeilles, les colibris, les papillons et les coléoptères. Il a été prouvé que le fait de laisser pousser les pelouses et les fossés pendant le mois de mai apporte d’immenses avantages aux espèces de pollinisateurs. La disparition et le déclin de nombreuses espèces d’abeilles, de papillons, de coléoptères et d’autres insectes préoccupent grandement les groupes environnementaux comme l’Alliance du Bassin Versant Petitcodiac et bien d’autres. Les pollinisateurs sont des espèces clés dans nos écosystèmes locaux, et sans eux, nos infrastructures naturelles seront en danger. De nombreuses recherches ont été publiées à travers le monde à ce sujet. Les espèces de pollinisateurs étudiées au Missouri, comme les papillons, ont montré une augmentation de leurs populations lorsque des habitudes de non fauchage sont adoptées de la fin de l’été au début de l’automne ; la réduction du fauchage pendant le pic d’activité saisonnier des papillons peut augmenter les populations (Halbritter, et. al., 2015). Les scientifiques de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont publié une recherche qui a révélé que les pelouses gérées de manière intensive ont des effets écologiques négatifs évidents, en particulier dans les zones urbaines (Watson, Christopher J. et. al., 2019). Une augmentation des espèces d’herbes et de fleurs sauvages indigènes dans les fossés routiers avec un régime de tonte réduit a été prouvée dans la recherche pour bénéficier du contrôle de l’érosion et de la stabilisation du sol (Entsminger et. al., 2017). Les fossés de bord de route ont généralement besoin de produits de contrôle de l’érosion s’ils subissent souvent de fortes précipitations. La végétation et les arbustes aident les fossés ont la capacité de protéger la structure de l’érosion grâce aux systèmes racinaires. Il y a de nombreux avantages à laisser pousser la végétation des fossés qui n’ont pas d’impact sur l’objectif premier des fossés. l’Alliance du Bassin Versant Petitcodiac a également documenté les impacts du ruissellement de la neige et de la fonte des glaces en mai. Des pics de nutriments tels que le phosphate et le nitrate ainsi que des colonies de bactéries E. coli sont couramment observés dans nos sites établis dans le bassin versant. Fournir un tampon à l’écosystème de la rivière Petitcodiac par le biais de pelouses et de fossés naturalisés pendant le mois de mai, ce qui aidera à empêcher les polluants et les débris de voyager directement dans les écosystèmes d’eau douce. Les plantes qui peuvent pousser sans être encombrées absorberont plus de pluie et de neige fondue qui seront réinjectées dans nos réserves d’eau souterraine qui avaient besoin d’être reconstituées l’été dernier pendant la sécheresse. Les racines des plantes filtreront et libéreront l’eau pour qu’elle s’infiltre dans le sol. La pollution par les nutriments est un impact dangereux pour notre bassin versant, dont l’un des effets est la création d’un plus grand nombre d’algues que l’équilibre naturel dans nos écosystèmes d’eau douce, qui vont mourir et manger l’oxygène dissous nécessaire aux espèces aquatiques comme les poissons pour respirer sous l’eau. Cela est également vrai pour la croissance des cyanobactéries (algues bleu-vert) dans notre bassin versant. La croissance des cyanobactéries est favorisée par l’élévation de la température de l’eau et l’abondance de nutriments, deux effets du ruissellement des eaux pluviales sur la qualité de l’eau. Plus les nutriments sont absorbés par les plantes dans les cours et les fossés des résidents, moins il y en aura qui voyageront directement vers notre système fluvial.

Devenez un allié de nos espèces de pollinisateurs locaux et des infrastructures naturelles qui fournissent des services écologiques inestimables aux communautés de notre bassin versant et au-delà. Nous espérons que vous envisagerez de soutenir la campagne « Pas de Tondeuse en Mai » et de permettre aux fleurs sauvages du début du printemps de fournir des lieux de repos et des sources de nourriture à nos espèces de pollinisateurs. Nous avons hâte de voir des champs de fleurs sauvages aux couleurs vives dans les cours du bassin versant de la Petitcodiac, avec des papillons monarques et des abeilles domestiques affairés, profitant du printemps et nous inspirant tous à trouver la beauté dans le maintenant.

Références:
Halbritter, D. A., Daniels, J. C., Whitaker, D. C., & Huang, L. (2015). Reducing mowing
frequency increases floral resource and butterfly (Lepidoptera: Hesperioidea and
Papilionoidea) abundance in managed roadside margins. Florida Entomologist, 98(4),
1081-1092.
Entsminger, E. D., Jones, J. C., Guyton, J. W., Strickland, B. K., & Leopold, B. D. (2017, June).
Evaluation of Mowing Frequency on Right-of-Way Plant Communities in Mississippi.
Journal of Fish and Wildlife Management, 8(1), 125-139.
Watson, Christopher J., Léonie Carignan‐Guillemette, Caroline Turcotte, Vincent Maire,
Raphaël Proulx. Ecological and economic benefits of low‐intensity urban lawn
management. Journal of Applied Ecology, 2019; DOI: 10.1111/1365-2664.13542