Les lacs et les rivières semblent souvent être des éléments immenses et majestueux du paysage, constitués de puissantes forces hydriques et éoliennes, abritant de charmants animaux tels que des poissons, des oiseaux et des mammifères. Ce que l’on ignore souvent, c’est qu’on y trouve des organismes petits et discrets qui joue un rôle important dans ces endroits merveilleux : les moules d’eau douce. Ces animaux ne sont peut-être pas les vedettes charismatiques de l’écosystème aquatique, mais elles apportent un soutien crucial au bon fonctionnement des lacs et des rivières. 

Vous avez peut-être déjà vu ou même mangé des moules marines ou d’autres bivalves comme les coquilles Saint-Jacques et les huîtres, mais à quand remonte la dernière fois que vous avez vu une moule d’eau douce ? Pour beaucoup de gens, la réponse est souvent « jamais », et ce n’est pas surprenant si qu’on se penche sur le mode de vie des moules. Les moules d’eau douce vivent au fond des rivières et des lacs. Un appendice musculaire appelé le pied permet aux moules de s’ancrer dans la boue ou le sable, à l’abri des regards, sauf de ceux des humains les plus curieux. 

Les moules sont des animaux filtreurs qui fournissent des services écosystémiques vitaux. En se nourrissant par filtration, elles aspirent l’eau de leur environnement et la rejettent pour y piéger de minuscules morceaux de nourriture. Ce faisant, elles finissent également par filtrer les polluants, les excès de nutriments, les métaux lourds et même certaines bactéries et produits pharmaceutiques. Plus il y a de moules dans un plan d’eau, plus elles peuvent y éliminer ces substances nocives, ce qui est bénéfique pour tout ce qui y vit. 

(Photo: Roger Tabor / USFWS.) https://www.xerces.org/blog/merit-of-mussels 

Les moules d’eau douce remplissent également d’autres fonctions qui soutiennent les êtres vivants qui les entourent. Les animaux tels que les loutres, les rats musqués et divers oiseaux adorent manger des moules. Vous avez peut-être déjà vu des restes de coquilles sur les berges de votre ruisseau préféré, après le repas d’un raton laveur affamé (ces tas sont connus sous le nom d’amas coquilliers).  Les groupes de moules peuvent s’agglutiner pour former des lits qui constituent un habitat pour d’autres invertébrés qui, à leur tour, servent de nourriture aux poissons et à d’autres animaux. Les moules d’eau douce aident même l’environnement lorsqu’elles meurent, car leurs coquilles en décomposition libèrent lentement des nutriments dans l’eau, sans surcharger l’écosystème. 

Elles sont également d’importants indicateurs de l’état de leurs écosystèmes. Les moules d’eau douce vivent longtemps (parfois jusqu’à 100 ans !), leur âge étant indiqué par le nombre d’anneaux sur leur coquille, mais au cours de leur vie, elles se déplacent très peu. C’est pourquoi les scientifiques peuvent étudier la santé des moules dans une partie d’un lac ou d’une rivière et utiliser les informations fournies par ces populations pour évaluer la santé de l’environnement au fil du temps. Avec l’augmentation de la pollution, les moules commencent à atteindre leur seuil de tolérance aux toxines et aux produits chimiques, ce qui entraîne un déclin des populations. Leur absence peut être le signe d’un environnement malsain et contaminé.  

L’ABVP a commencé à évaluer les populations de moules d’eau douce dans l’ensemble du bassin versant de la Petitcodiac en 2018. La modification d’habitat, la dégradation de la qualité de l’eau et l’altération des réseaux alimentaires sont à l’origine du déclin des populations depuis plus de 50 ans. L’une des espèces surveillées par l’ABVP, l’alasmidonte renflée, mesure environ 5 cm de long et peut être de couleur brune, jaune ou verdâtre.  Au Canada, l’alasmidonte renflée ne se trouve que dans une poignée de rivières, dont la rivière Petitcodiac. Notre population locale d’alasmidonte renflée est importante pour la survie de l’espèce, car l’alasmidonte renflée est une espèce à risque, classée comme étant espèce préoccupante. 

Alasmidonte renflée

Vous pouvez également aider les moules d’eau douce en réduisant votre utilisation d’engrais et de pesticides, en vidant vos fosses septiques fréquemment (plutôt qu’en une seule fois) et en laissant une zone tampon d’au moins 30 mètres d’herbe non coupée, de buissons et d’arbres autour des corps d’eau. Il est également utile d’apprécier les avantages que les moules d’eau douce apportent à notre bassin versant et de partager cette appréciation avec d’autres. La prochaine fois que vous vous trouverez au bord d’une rivière ou d’un lac, prenez un moment pour penser à l’humble moule d’eau douce et à tout ce qu’elle fait pour garder l’eau propre, pour nourrir et abriter les animaux aquatiques et pour nous tenir informés de la santé de l’environnement. 

Pour participer à notre concours, prendre une photo le long du bassin versant de la Petitcodiac, identifiez-nous et utilisez #25watershedmoments sur Instagram et Facebook.  

Belvins, E. (2021). The Merit of Mussels. Xerces Society. Repéré le 28 novembre 2023, à https://www.xerces.org/blog/merit-of-mussels  

Canada, E. et C. C. (2010). Alasmidonte renflée (Alasmidonta varicosa) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2009. https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-public-especes-peril/evaluations-rapports-situations-cosepac/alasmidonte-renflee-2009.html

Ministère des Pêches et des Océans. 2018. Plan de gestion de l’alasmidonte renflée
(Alasmidonta varicosa) au Canada. Série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces
en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa, v + 49 p https://publications.gc.ca/collections/collection_2018/mpo-dfo/En3-5-81-2017-fra.pdf

 Xerces Society. (s.d.). About Freshwater Mussels. Repéré le 28 novembre 2023, à https://xerces.org/endangered-species/freshwater-mussels/about